Résoudre les conflits qui surviennent quand on voyage

Auteur : Wade Shepard (2010)

Que faites-vous quand vous rencontrez des problèmes avec quelqu’un en voyage ? Vous cherchez à régler vos comptes, vous criez, vous abandonnez, vous essayez d’arriver à une sorte d’arrangement qui contente tout le monde ? Vous suppliez et implorez un inconnu pour qu’il cède à la logique et tombe d’accord avec vous au beau milieu de la rue ? Ou bien vous abandonnez et laissez un étranger obtenir tout ce qu’il veut sous prétexte qu’il vous l’ordonne car cela semble être la voie de l’emmerdement minimal ?

Moi, je tourne les talons.

Les voyageurs peuvent souvent régler aussi simplement leurs problèmes.

Ne luttez pas, partez

Si un chauffeur de taxi, de bus, un serveur ou un réceptionniste essayent de m’arnaquer, de m’escroquer, de me réclamer plus d’argent que ce qui était prévu à la base, je paie ce que dois de bon droit, puis je fais demi-tour et je m’en vais.

En général, ils ne se lancent pas à ma poursuite.

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Un restaurant de sushis pas trop cher à San Cristóbal de Las Casas propose tous les mardis deux sushis pour le prix d’un. Pour ma famille, payer moitié prix dans ce restaurant est abordable, donc on y va tous les mardis pour manger une sorte de « repas petit-bourgeois » et s’offrir un rendez-vous amoureux. Les serveurs de ce restaurant ne semblent pas trop nous apprécier puisqu’il est évident que nous ne sommes là que pour profiter à fond de leur promotion : on commande deux des plats les moins chers sur le menu, on n’en paye qu’un et on ne prend aucune boisson ou autre qui augmenteraient le prix et tourneraient l’affaire en faveur du restaurant.
Mardi dernier, nous avons commandé deux assiettes de shiitake-maki. Ce restaurant est agencé dans une sorte de style japonais branché : on s’assoit dans des boxes collés aux murs et les tables sont des cubes de bois. Ici, les meubles ont été conçus pour que ma fille Petra puisse jouer dessus : ils sont tous à sa hauteur. Elle s’amuse beaucoup.

Une bouteille de sauce soja tombe par terre et vole en éclats.

Un groupe d’Israéliennes applaudit de l’autre côté du restaurant, je fais la révérence.

Rien de grave, c’était juste une bouteille bas de gamme contenant un condiment dont on pouvait se servir librement. Pendant que le serveur ramasse les tessons de bouteille et nettoie le liquide visqueux, je m’excuse et n’imagine pas qu’il y aurait une quelconque répercussion : ce genre de choses arrive parfois dans les restaurants.

Mais au moment de payer payer notre repas, le serveur m’informe que je dois payer le prix fort pour la bouteille moitié vide que j’ai cassée.

Mais la sauce est gratuite ? Si j’avais fini la bouteille en versant son contenu sur mon plat, je ne devrais pas la payer, non ?

Je regarde le serveur en train de trifouiller dans son ordinateur pour trouver un moyen de me faire payer les condiments gratuits. Alors je jette rapidement l’argent pour le repas sur le comptoir devant moi, je dis sévèrement : « Je ne paierai pas pour la sauce. », et je sors.

C’est aussi simple que ça. Pas de poursuite, de débat, de recherche d’un arrangement mutuellement profitable, j’ai juste tourné les talons.

(Cependant, j’ai quand même laissé un petit pourboire au serveur, je ne suis pas complètement dépourvu de classe.)

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Un groupe de touristes qui se dispute dans la rue avec un chauffeur de taxi ou un commerçant qui sont grosso modo en train d’essayer de les arnaquer est une scène courante quand on voyage. Ils restent là comme des idiots à se battre et à essayer de faire comprendre à l’autre leur point de vue : « Mais vous aviez dit… ».

Je n’ai aucune raison de respecter l’autorité d’un inconnu qui essaye de voler mon argent, ni de résoudre pacifiquement le conflit avec lui. Je tourne juste les talons.

Bref, l’anecdote ci-dessus n’est qu’un exemple pour partager une astuce : vous n’avez pas à montrer les dents quand quelqu’un vous vole, vous n’avez pas à expliquer votre point de vue, la seule solution raisonnable est la suivante : partez. Que j’aie raison ou pas dans la situation ci-dessus est hors de propos (peut-être que vous trouvez que j’aurais dû payer la sauce soja ?). Le fait est que j’ai choisi de ne pas payer pour respecter une leçon de résolution des conflits que 11 années de voyages m’ont appris :

Je suis un voyageur : je ne me bats pas, je m’en vais.

Problème résolu.

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Vagabond Journey édition Française

Anaïs Bouchon a écrit 3 articles pour vous.

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