Comment voyager léger ?

Auteur : Wade Shepard (2010)

FINCA TATIN, jungle du Guatemala (article en anglais).

Un voyageur n’a besoin que de peu de choses et la plupart du temps ce qu’il y a dans son sac n’en fait pas partie. Deux pantalons, deux hauts, deux paires de sous-vêtements, une paire de chaussures de marche, des sandales pourquoi pas, une brosse à dent, un sac pour ranger tout ça et c’est parti ! Tu n’as besoin de rien d’autre. Ne crois personne qui t’affirmerait le contraire. Ne m’écoute pas quand j’essaye de te convaincre de faire un tour dans ma boutique en ligne (Travel Gear Store, page en anglais).

Faire ses bagages peut vite se transformer en casse-tête. Pourtant, sélectionner un petit échantillon de ce que tu portes au quotidien suffit à un long voyage, exactement comme si tu partais en week-end. Il est toujours possible d’acheter ou de laisser des choses en cours de route. En ce sens, c’est une façon de voyager très « naturelle » : tu penses à « aujourd’hui » et laisses « demain » pour plus tard. Tes bagages ne doivent pas se résumer à une collection de vêtements, d’appareils électroniques et d’accessoires de confort destinée à rester figée comme la pierre. Il faut plutôt les voir comme un ensemble d’objets en perpétuel renouvellement : tu prends quelque chose là et le laisses ici ou tu dépenses quelques dollars pour un pull et l’abandonnes quand tu quittes la montagne pour la jungle.

Les affaires de voyage sont éphémères. Il ne te servira à rien de t’attacher à elles car tu les perdras, les remplaceras, les jetteras ou les laisseras en chemin.

Minimalist

La veille du départ de mon ami Paulo, je suis passé le voir dans sa chambre de la Finca Tatin (Paulo is Here, son blog en anglais et en espagnol). Ce que j’ai vu m’a frappé : après un an passé dans cet hôtel, il n’avait quasiment rien accumulé. La chambre était vide, le sol et les murs en planches blanchies étaient presque nus, mis à part une petite étagère sur laquelle traînaient quelques objets. C’était les seules affaires de Paulo. On aurait dit qu’il venait d’arriver.

Après avoir parcouru pendant longtemps l’Europe, l’Asie, etc., Paulo est passé par le Mexique et l’Amérique centrale. Originaire de Madère, il se considère VP (voyageur permanent). Cela fait 10 ans qu’il n’est pas retourné sur son île. Tout le monde s’accorde à dire que c’est un gars qui voyage lentement. Il est arrivé à la Finca Tatin en juillet avec l’intention d’y passer deux nuits. Finalement, il y est resté presque un an et c’est lui qui gère l’auberge.

Les rôles sont maintenant inversés : Chaya et moi le remplaçons à la Finca et Paulo, lui, reprend la route. Avant de partir, il m’a montré ses affaires de voyage.

Ça n’a pas pris longtemps.

Dans un seul petit baluchon, Paulo avait mis un pantalon, deux chemises, trois livres, une brosse à dents, une petite collection de bagues et autres babioles, une couverture légère qui s’apparentait plutôt à un drap, une paire de sandales, probablement quelques sous-vêtements, un petit ordinateur, un narguilé (surement un cadeau rapporté du Mexique). Et rien d’autre.

Je lui ai dit en plaisantant que je m’attendais à ce qu’il ait amassé plus de choses tout au long de ces 11 mois passés à travailler dans la Finca. Il a ri en m’avouant qu’il n’avait en fait pas tout mis dans son sac. Il laissait là tout ce qui ne lui était pas nécessaire. Comme pour appuyer ses dires, il a pris un pull et désigné une paire de treillis abandonnée dans un coin. Il n’en aurait plus besoin là où il allait, alors il s’en séparait.

Pour les longs voyages, il y a deux écoles : celle du « voyager léger », que nous venons de voir, et celle de « l’escargot », ou comment voyager avec sa maison sur le dos. Les deux peuvent se défendre, à condition de bien calculer son coup. Pendant longtemps, j’étais un adepte du « voyager léger ». J’emportais seulement ce dont j’avais vraiment besoin, selon le climat du moment et les moyens de transport que j’utilisais. Je laissais des choses autant que j’en achetais. Mes affaires changeaient et se renouvelaient au gré de mes voyages.

J’avais seulement un petit sac, quelques vêtements et pas grand-chose d’autre. J’accordais le tout en fonction du climat et abandonnais ce qui ne me servait plus. Je pouvais me déplacer facilement, mon sac était léger et je pouvais monter avec en avion ou le garder sur mes genoux en bus. Je voyageais le sac et l’esprit léger.

Cette manière de voyager me convenait alors parfaitement.

Aujourd’hui, ma famille voyage avec moi et je gère mes affaires sur la route, ce qui fait que j’ai envie et besoin de plus de choses. J’ai maintenant toute une série d’appareils électroniques et d’affaires de voyage que j’utilise régulièrement. « Affaires de voyage » n’est peut-être pas le meilleur terme. Je suppose qu’il faudrait plutôt appeler ça les « affaires du quotidien ». Je ne me contente pas de voyager en faisant de brefs arrêts. Je me fabrique un chez moi partout où je vais. Je veux tout ce qu’une maison peut offrir et pouvoir l’emporter sur mon dos.

Tu peux retrouver l’article original ici.

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Vagabond Journey édition Française

Marie est étudiante en traduction à Toulouse. C’est une passionnée de langues et de voyages : deux bonnes raisons pour elle de participer au projet de Vagabond Journey. Vagabonde débutante, elle découvre les récits de Wade avec grand intérêt et espère que les lecteurs francophones les apprécieront tout autant qu’elle.

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